Verbierlife


Verbierlife : les questions usuelles, nom, prénom…
Phil : Je m’appelle Phil Meier, 32 ans, dans la région de Verbier depuis 1999.
Verbierlife : Pourquoi es-tu venu à Verbier ?
Phil : Après avoir travaillé une année dans une société financière, j’ai eu l’opportunité de skier sous contrat pour une saison. Le choix à été assez facile entre un bureau et la montagne.
Verbierlife : ton métier ?
Phil : Skieur (freeride) professionnel
Verbier : Nous te connaissons bien évidemment à travers tes photos et films de ski, mais tu as également mis les pieds dans le milieu du bike ?
Phil : Oui, en effet. J’ai mis les pieds sur un bike pour faire une compétition de cross-country en 1993 pour la première fois. C’était pas mal, mais je me suis rendu compte que c’était dans les descentes que je me faisais vraiment plaisir. Je me suis logiquement tourné vers cette nouvelle discipline (1994). Beaucoup de courses, quelques coupes du monde et 3 années en équipe suisse, mais ça date. À présent, je roule pour le plaisir ainsi que pour la préparation de ma saison d’hiver. Je participe et organise également à quelques shootings (bike) pour mes sponsors.


Verbierlife : Tu n’as jamais quitté le vélo en quelque sorte ?
Phil : Non, pas vraiment. J’y suis même plongé jusqu’au cou, car avec un ami (Florian Golay) nous avons ouvert un magasin à Martigny. Le nombre de pratiquants est en constante augmentation et les pratiques sont vraiment variées : cross-country, freeride, downhill, dirt…
Verbierlife : Qu’est ce que tu entends par « freeride »
Phil : Dans les années 1990 un réel circuit de courses de descentes a vu le jour. Cependant, il y avait relativement peu de participants car nos vélos n’étaient encore pas très adaptés. Avec le temps, les machines se sont améliorées ce qui a rendu le sport accessible à tous. Les stations de ski, à l’image de Verbier, ont bien compris ce nouveau mouvement. Effectivement, grâce à l’ouverture estivale des remontées mécaniques, on peut se rendre facilement aux Ruinettes, d’où une multitude de chemins s’offrent à nous avant de redescendre au village. C’est ça le freeride… emprunter les remontées mécaniques, pédaler un peu, et le plaisir de la descente.
Verbierlife : Tu roules à Verbier et tu connais bien le terrain. Le freeride devient de plus en plus populaire par ici, pourquoi ?
Phil : La région se prête à merveille à toutes les pratiques du mountain bike. Nous en sommes encore aux ébauches, car il faut énormément de temps pour créer des nouvelle piste. Mais je pense que la station s’implique de plus en plus pour la pratique du freeride en VTT. J’ai entendu que le bike park allait s’agrandir un peu et se doter de quelques nouveaux modules tels que wall ride, north shore et autres drops.


Verbierlife : Wall ride, north shore… d’où viennent ces termes et que signifient-il ?
Phil : De Vancouver (Canada). Northshore est une région située au nord de la ville. Les forêts y sont denses et les chemins ne sont pas entretenus comme en Suisse. Du coup, les riders ont construit des passerelles en bois pour passer au-dessus des arbres qui encombrent le sol. Ces passerelles sont devenues de plus en plus longues et ont créé un nouveau style. L’arrivée des médias dans le bike ont donné l’envie à toute une communauté de bikers de rouler sur leur propre « northshore ».
Verbierlife : Ce sport est en pleine évolution, de nouvelles tendances apparaissent chaque année. Qui en est le fer de lance ?
Phil : Le Canada, de nouveau. La station de Whistler possède une cinquantaine de pistes de VTT pour tous les niveaux et tous les styles. Il y a un tel engouement pour le mountain bike, que durant les week-ends en pleine saison d’été c’est la cohue… 30 minutes d’attentes aux télésièges avant de pouvoir dépenser son adrénaline.
Phil : J’espère que les stations de Suisse vont suivre l’exemple de ce qu’il se passe au Canada. Peut-être que dans quelques années, le tourisme estivale offrira des plan d’accès aux multitudes de chemins et sentiers dédiés au vtt.