Red Bull profile 2011

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Phil Meier sans ses skis? Il ne s’en souvient pas. Backcountry Skiing sans Phil Meier – on a aussi de la peine à se l’imaginer. Sa famille ne l’a pas rendu plus prudent, seules ses exigences de qualité sur la neige et en montagne se sont encore élevées. Heureusement pour tous ceux qui aiment ses High Speed Lines.

«Là en bas il y a une bosse et je l’ai sautée» lance un petit gars haut comme trois pommes dans un bon vieux film Super 8 tremblotant. Phil Meier, puisque c’est de lui qu’il s’agit, pourrait dire la même chose aujourd’hui à ses deux enfants. Avec une différence de taille toutefois: la petite bosse serait une falaise de dix mètres et son saut un backflip. «Je fais du ski aussi longtemps que je me souvienne» avoue Phil. Autrement dit, une vie sans ski, il ne connaît pas.

Mais sa vie, c’est aussi une mère jamaïcaine, un père lucernois, une enfance et adolescence à Genève, une formation de comptable et beaucoup de temps passé en montagne. Comme junior, Phil est membre de l’équipe nationale de VTT de descente. Fin des années nonante, il est l’un des premiers skieurs à présenter des tricks de parks and pipes en hors piste. Une photo, le montrant dans un Misty Flip par-dessus un rocher, change son existence et donne une nouvelle direction à son sport. Mais son chef d’une boîte financière de Genève ne veut rien savoir d’un pro rider à temps partiel chez lui. Aussi Phil mise-t-il complètement sur les sports de neige. «Ma chance a été de prendre un virage à 180° au bon moment» lance-t-il un an plus tard.

Avec les pages de magazines qui paraissent sur lui, Phil pourrait aisément tapisser sa maison près de Verbier. Non pas tant parce qu’il ne cesse de tester le plus extrême et le plus délirant, mais bien plutôt parce qu’il imprime à chaque prise de vue son style et le plaisir qui en découle. Même si ses lines and drops ne sont pas à imiter par le commun des mortels – car tous sont abrupts, difficiles et dangereux, ce qu’en dit le Romand est révélateur: «Je suis content que la course vers le Cliff Drop le plus osé ait baissé d’intensité.»

Papa est un freerider
Et cette affirmation n’a rien à voir avec le fait qu’une famille l’attend à la maison: «Je n’ai jamais été le type qui fonce sans réfléchir.» Evoluer en permanence – les freeriders parlent volontiers de progression – telle est sa philosophie. «Je dévale certes des pentes de plus en plus raides, avec une vitesse qui ne cesse d’augmenter et je saute par-dessus des rochers plus hauts qu’avant. Vu de l’extérieur, les risques semblent plus élevés, mais pour moi, ils sont aussi plus calculés que par le passé.» L’influence de la famille joue également: «Auparavant, je sortais aussi par mauvais temps à la recherche d’une pente utilisable. Maintenant, je reste plus volontiers à la maison avec les enfants.» Cela dit, il est souvent absent. «Il se peut que je reçoive un appel et que je parte le lendemain pour une dizaine de jours». Sa famille le soutient dans toute l’acception du terme:

«MA FAMILLE FAIT PARTIE DE MON ÉQUILIBRE, AU MÊME TITRE QUE LE SKI.»

Qu’est-ce qui pousse encore quelqu’un qui est depuis si longtemps sur le devant de la scène et qui a tout connu? Phil ne cherche pas longtemps la réponse. «J’aime apprendre. J’essaie de lire encore mieux la montagne et les conditions, de trouver des lignes encore plus intéressantes et d’adopter le style d’autres athlètes. Le développement du ski se poursuit. Cela m’inspire.» De retour à Verbier, il part sur les pistes avec femme et enfants – avec le secret espoir que les petits se mettent aussi un jour aux bosses…

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